Emission “Chant libre” de la radio Suisse Romande
Publié dans Général le 28 novembre 2008 par alterechoProchain concert: Dimanche 14 Décembre 2008 à Lyon
Publié dans Général avec des tags ainay, alter echo, Calmel, concert, Magnificat le 5 novembre 2008 par alterechoChoeur, trompettes et orgue.
MAGNIFICAT de Calmel et autres pièces
Le 14 Décembre 2008 à 16H30, à l’Abbaye Saint Martin d’Ainay, Lyon 2ème.
Extrait de la revue “Chant choral” n°38. 1983
Le Magnificat de Roger Calmel.
Une oeuvre attendue par les choralistes, par les critiques musicaux et par les chefs de choeur soucieux de présenter des oeuvres nouvelles dans leur région: le “Magnificat” de Roger Calmel, compositeur bien connu aujourdhui du monde choral. Présenté en création le 12 août en la cathédrale de Vaison, l’oeuvre a ravi l’auditoire. Chaque page contient des trouvailles, des symboles qui conduisent au superbe crescendo final.
A la suite de cette prestation, Roger Calmel a bien voulu répondre à quelques questions que nous lui avons posées:
Revue “Chant choral” -Pourquoi avoir choisi ce texte, aujourd’hui?
Roger Calmel -Beaucoup de Magnificats ont été écrits au 17ème et 18ème siècles jusqu’en 1750, puis l’époque classique, romantique et actuelle semblent avoir complètement oublié la beauté de ces versets. C’est ainsi que sont nés des Oratorios, des Cantates, messes, motets, Psaumes mais point de Magnificat. C’est donc une raison sérieuse d’y revenir.
Mais la raison plus profonde tient, je crois, au texte lui-même. Il est toujours difficile de chanter la joie intérieure et à notre époque tourmentée, la musique dodécaphonique, atonal, aléatoire ou simplement chromatique ne peut exprimer que l’angoisse, la tension, le côté dramatique; elle est à l’image de notre vie mouvementée. J’ai donc réagi en sens contraire, j’ai essayé d’oublier volontairement toutes nos misères quotidiennes pour regarder plus loin… vers un coin de ciel bleu où la Vierge rayonne dans une parfaite sérénité. Le language musical a suivi.
CC -A quelle école ce langage correspond t-il?
RC -Il est éloigné de toute école, de tout système, il se veut intemporel, cependant il utilise les matériaux de notre époque mais garde avant tout son côté humain, car il est écrit par un artisan qui travaille comme le boulanger fait son pain.
CC -N’est-ce point ce côté “humain” qui a touché profondement les choristes et le public?
RC -Oui je crois que ce côté “humain” joue un rôle considérable. Dès la première lecture chacun s’est senti concerné et le chef de choeur, Huguette Calmel a su dévoiler, faire comprendre, imposer sans heurt toutes les intentions musicales de chaque verset. J’ai beaucoup de chance d’avoir ma femme pour traduire toutes ces intentions. Quant à moi, ce qui m’a le plus touché, ce sont tous ces visages rayonnants des choristes, heureux de chanter. C’est cela la plus belle récompense… apporter et tansmettre la joie et la sérénité.
CC -Vous avez évoqué souvent le symbolisme dans ce Magnificat?
RC -Nul n’ignore que sous chaque chapiteau des cathédrales se cache un symbole. Dans tous les arts, poésies, peinture, sculpture, architecture, musique nous retrouvons ce symbolisme. Et ici, l’Hymne à la Vierge avec ses 12 versets différents se prêtait admirablement à cette évocation. Evidemment on peut trouver de multiples explications, quelquefois contradictoires aux lignes musicales et ce terrain est à la fois merveilleux et dangereux… Je vais essayer de mettre à jour certains passages:
Magnificat: c’est le cri de joie de Marie, il éclate dans un accord parfait qui monte en gerbes de lumière et se déploie largement en descendant.
L’emploi de l’accord parfait, si souvent proscrit de nos harmonies contemporaines, est souvent le symbole de la joie, de la plénitude, de l’épanouissement total. Je me réfère aux grands classiques.
Bach… Tout le début de son Magnificat n’est qu’une guirlande de l’accord parfait de Ré Majeur.
Beethoven, dans la 9ème symphonie, évoque Dieu au finale sur un superbe accord parfait de Fa Majeur.
Berlioz, dans l’apothéose de la Damnation, conclut dans une longue phrase en Ré bémol Majeur.
Gounod, dans Faust, symbolise Dieu par un immense accord de Do Majeur.
Stravinsky ne bouge pas de l’accord parfait de Do Majeur dans la péroraison de sa symphonie des Psaumes.
Autre symbole “Quia respexit humilitatem”. Marie, humblement, avoue sa faiblesse… et la phrase musicale de la Mezzo semble se cadrer discrètement au milieu du jeu de récit de l’orgue.
”Omnes generationes”. Ici, toutes les générations expriment leur foi. La musique, partie d’une seule note (Ré) se déploie et monte en éventail pour prendre une dimension à la mesure de l’accumulation de tous ces peuples chantant la gloire du Seigneur.
Deposuit. Une phrase abrupte, par unisson, descendant par mouvements saccadés et volontairement violents. C’est ici la main de Dieu qui affaiblit les puissants.
Je pourrais ainsi multiplier tous les symboles de ce Magnificat dont certains sont voulus et pensés dès le départ, d’autres sont nés au gré de la plume et involontairement.
CC -Pensez-vous que ce Magnificat comptera dans votre production?
RC -Je l’espère. Il est d’une difficulté très abordable, un ou deux passages difficilles aux “alti”; d’une longueur raisonnable, vingt minutes, et ne nécessite pour l’accompagner que deux tompettes et un orgue. Je signale que cette partie de grand orgue est comparable à un Concerto mais, là encore, j’avais à la création Paul Couëffé de Lyon qui a joué merveilleusement son rôle.
De plus, les chorales ont besoin d’oeuvres contemporaines qu’elles puissent chanter aisément et qui apportent ce sentiment de joie intérieure sans oublier le côté pratique de l’art vocal.
CC -Pensez-vous, plus tard, faire une orchestration?
RC -C’est possible… J’attends l’occasion, mais j’estime que cette première version est globalement bien équilibrée.
Le nom du choeur
Publié dans Fond avec des tags Add new tag, Alain, alter echo, choeur, choir, chorale, Louisot, nom, origine le 4 juin 2008 par alterecho
En traduction littérale, cela signifie l’autre écho. Mais l’expression fait intentionnellement penser à la locution latine « alter ego », un autre moi-même.
Pour chacun d’entre nous, le chœur représente une autre partie de soi, dans laquelle on aime à se retrouver et où l’on s’affirme d’une autre manière. C’est une façon de révéler une face cachée de son « moi » intérieur. Le chœur est alors semblable à un miroir dans lequel on se projette par plaisir, avec en retour la satisfaction de se découvrir dans sa globalité.
L’autre écho, c’est l’écho de l’autre, celui qu’il crée, comme celui qu’il nous renvoie. C’est la force de conviction que chacun donne et reçoit en permanence, celle qui fait que le chœur décuple nos forces individuelles. Mon chant me fait grandir et fait grandir l’autre qui sait le recevoir pour me le retourner en écho, et me faire grandir à mon tour. Ce surpassement collectif est une des clés de la plénitude, du bien-être et des émotions que procure le chant choral. « L’écho de notre voix à travers les bois, redit notre foi, notre émoi… » dit un chant bien connu (le souffle frais du vent).
L’autre écho, c’est enfin une manière de se différencier, la volonté affichée de ne pas refaire tout à fait ce que d’autres ont su faire, une manière d’affirmer notre jeunesse , une manière de rêver un peu, de se donner des objectifs « aériens ».
Alain Louisot, le 19 Novembre 2003, le jour du baptème du choeur.
²ðVerbum supernum - mocnik-nov2006:




